Risographie : Définition, procédé d’impression, usages et spécificités

Qu’est-ce que la risographie ?

La ri­so­gra­phie est une tech­nique d’impression ar­ti­sa­nale et éco­lo­gique, dé­ve­lop­pée au Ja­pon dans les an­nées 80. Ini­tia­le­ment conçue pour ré­pondre aux be­soins des ad­mi­nis­tra­tions en ma­tière de ra­pi­di­té et de ren­de­ment, elle a pro­gres­si­ve­ment été sup­plan­tée par l’impression qua­dri­chro­mique jet d’encre et la­ser pour des rai­sons pra­tiques. De­puis une quin­zaine d’années, la ri­so­gra­phie connaît ce­pen­dant un vé­ri­table re­gain d’intérêt et s’impose aujourd’hui comme l’un des pro­cé­dés d’impression les plus pri­sés par les ar­tistes, gra­phistes et édi­teurs in­dé­pen­dants.
Si­tuée à mi-che­min entre la sé­ri­gra­phie et la re­pro­gra­phie, la ri­so­gra­phie re­pose sur l’utilisation d’un du­pli­co­pieur Riso, on peut l’imaginer comme un sys­tème de sé­ri­gra­phie in­té­gré à une pho­to­co­pieuse ! Cette ma­chine per­met d’imprimer en tons di­rects, avec des cou­leurs in­tenses et un ren­du tex­tu­ré unique, de­ve­nu em­blé­ma­tique de la risographie.

Risographie Maxime Bruneel
Risographie Marie Vandooren

Comment fonctionne l’impression en risographie ?

Le  du­pli­co­pieur Riso est équi­pé d’un tam­bour ro­ta­tif conte­nant une car­touche d’encre. Sur ce tam­bour se dé­pose une ma­trice, ap­pe­lée mas­ter ou sten­cil, qui est mi­cro-per­fo­rée à par­tir du vi­suel à im­pri­mer. Cette ma­trice joue un rôle com­pa­rable à ce­lui du ty­pon et de la toile en sé­ri­gra­phie : elle agit comme un po­choir, spé­ci­fique à chaque couleur.

Chaque cou­leur im­pri­mée né­ces­site ain­si un mas­ter et un tam­bour dé­diés. Lors de l’impression, la feuille de pa­pier passe sous le tam­bour en ro­ta­tion, tan­dis que l’encre est pous­sée à tra­vers les per­fo­ra­tions du mas­ter pour être trans­fé­rée sur le support.

Les cou­leurs sont im­pri­mées une à une, en pas­sages suc­ces­sifs. Ce fonc­tion­ne­ment par couches per­met de construire pro­gres­si­ve­ment l’image fi­nale, par su­per­po­si­tion de cou­leurs, don­nant à la ri­so­gra­phie son ren­du ca­rac­té­ris­tique et sa ri­chesse visuelle.

Encres et couleurs en risographique

L’impression en ri­so­gra­phie uti­lise des encres spé­ci­fiques, for­mu­lées à par­tir d’huiles vé­gé­tales, no­tam­ment de son de riz. Elles sont sans sol­vants ni com­po­sés or­ga­niques vo­la­tils (COV). Cette com­po­si­tion, as­so­ciée au pro­cé­dé d’impression, per­met une im­pres­sion à froid, res­pec­tueuse de l’en­vi­ron­ne­ment, zéro émis­sion d’o­zone et jusqu’à 90 % de consom­ma­tion d’énergie en moins par rap­port à des pro­cé­dés d’impression clas­siques. Les car­touches d’encre sont par ailleurs re­cy­clables, ren­for­çant l’aspect éco­lo­gique de la risographie

La ri­so­gra­phie fonc­tionne ex­clu­si­ve­ment en tons di­rects. Chaque cou­leur cor­res­pond à une encre dis­tincte, im­pri­mée sé­pa­ré­ment à l’aide de son propre tam­bour. Les encres n’étant pas to­ta­le­ment opaques, leur su­per­po­si­tion per­met de créer une grande va­rié­té de nuances et d’effets de trans­pa­rence.
Le pro­cé­dé ex­ploite éga­le­ment le croi­se­ment des cou­leurs par des trames vi­sibles, se­lon un prin­cipe proche des Ben­day dots. Ces trames, is­sues à la fois du pro­cé­dé d’impression et de la pré­pa­ra­tion des fi­chiers, in­fluencent la den­si­té des aplats, les dé­gra­dés et les tex­tures, et par­ti­cipent plei­ne­ment à l’esthétique gra­phique ca­rac­té­ris­tique du Riso.

Papiers et supports adaptés à cette technique

Le choix du pa­pier joue un rôle dé­ter­mi­nant dans le ren­du d’une im­pres­sion en ri­so­gra­phie. En rai­son de son pro­cé­dé d’impression à froid et de l’utilisation d’encres vé­gé­tales, la ri­so­gra­phie pri­vi­lé­gie des pa­piers ca­pables d’absorber l’encre plu­tôt que de la fixer en surface.

Les pa­piers non cou­chés, na­tu­rels, lé­gè­re­ment tex­tu­rés ou les pa­piers co­ton sont par­ti­cu­liè­re­ment adap­tés. Leur po­ro­si­té per­met une bonne pé­né­tra­tion de l’encre et fa­vo­rise un ren­du mat, dense et vi­brant. À l’inverse, les pa­piers cou­chés ou trop lisses sont gé­né­ra­le­ment moins com­pa­tibles avec la ri­so­gra­phie, car ils li­mitent l’absorption de l’encre et peuvent en­traî­ner des temps de sé­chage plus longs, des va­ria­tions d’impression ain­si que des cou­leurs plus ternes.

Le gram­mage du pa­pier in­fluence éga­le­ment le ré­sul­tat fi­nal. Des pa­piers trop fins peuvent mar­quer, se frois­ser sous l’effet de la pres­sion ou lais­ser trans­pa­raître l’encre, tan­dis que des pa­piers plus épais offrent une meilleure te­nue et mettent da­van­tage en va­leur les cou­leurs et les su­per­po­si­tions. Le choix du gram­mage dé­pend donc du type de pro­jet, du nombre de pas­sages de cou­leur et de l’effet re­cher­ché. Les du­pli­co­pieurs Riso per­mettent tou­te­fois de tra­vailler confor­ta­ble­ment avec des pa­piers al­lant d’environ 90 g à 300 g.

Au-delà du pa­pier blanc, la ri­so­gra­phie per­met éga­le­ment d’imprimer sur des pa­piers de cou­leur. Ceux-ci in­ter­agissent di­rec­te­ment avec les encres, mo­di­fiant leur per­cep­tion et ou­vrant de nou­velles pos­si­bi­li­tés gra­phiques. La cou­leur du sup­port de­vient alors un élé­ment à part en­tière de la com­po­si­tion visuelle.

En­fin, la ri­so­gra­phie peut s’adapter à cer­tains sup­ports al­ter­na­tifs à base de pa­pier, à condi­tion qu’ils res­tent ab­sor­bants et non trai­tés. Le choix du sup­port doit tou­jours être pen­sé en lien avec le pro­cé­dé d’impression, afin de ga­ran­tir un ren­du op­ti­mal, fi­dèle à l’esthétique propre à la risographie.

Pourquoi choisir la risographie ?

Vous l’aurez com­pris, choi­sir la ri­so­gra­phie, c’est op­ter pour un pro­cé­dé d’impression al­ter­na­tif qui al­lie qua­li­té gra­phique, ef­fi­ca­ci­té de pro­duc­tion et en­ga­ge­ment res­pon­sable. Cette tech­nique est par­ti­cu­liè­re­ment per­ti­nente lorsque l’on sou­haite don­ner une in­ten­tion forte à un pro­jet im­pri­mé. Plus qu’un simple pro­cé­dé d’impression, elle de­vient un par­ti pris gra­phique et édi­to­rial, per­cep­tible dès le pre­mier regard.

La ri­so­gra­phie est par­ti­cu­liè­re­ment adap­tée aux pro­jets né­ces­si­tant une pro­duc­tion en quan­ti­té in­ter­mé­diaire, là où l’impression nu­mé­rique montre ses li­mites et où l’offset se­rait dis­pro­por­tion­né. Elle offre une grande sou­plesse de pro­duc­tion, aus­si bien en termes de dé­lais que de quantités.

Elle s’inscrit éga­le­ment dans une lo­gique de pro­duc­tion lo­cale, por­tée par des ate­liers spé­cia­li­sés et in­dé­pen­dants. Tra­vailler en ri­so­gra­phie, c’est sou­vent pri­vi­lé­gier un cir­cuit court, un échange di­rect avec l’imprimeur et un sui­vi at­ten­tif du pro­jet, de­puis la pré­pa­ra­tion des fi­chiers jusqu’au ren­du final.

En­fin, la ri­so­gra­phie per­met de maî­tri­ser les coûts tout en conser­vant une iden­ti­té vi­suelle mar­quée. Qu’un pro­jet soit pen­sé dès l’origine pour ce pro­cé­dé ou adap­té en cours de route, la ri­so­gra­phie reste une so­lu­tion ac­ces­sible, sou­vent plus éco­no­mique que d’autres tech­niques d’impression couleur.

Les usages courants

Grâce à sa sou­plesse de pro­duc­tion et à son ren­du gra­phique sin­gu­lier, la ri­so­gra­phie s’adapte à de nom­breux types de pro­jets im­pri­més. Elle est aujourd’hui lar­ge­ment uti­li­sée dans les do­maines de l’édition in­dé­pen­dante, de la com­mu­ni­ca­tion cultu­relle et de la créa­tion ar­tis­tique, où l’objet im­pri­mé oc­cupe une place centrale.

La ri­so­gra­phie est par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­ciée pour la réa­li­sa­tion de ti­rages d’art, d’illustrations ou de sé­ries li­mi­tées. Son ren­du tex­tu­ré et ses cou­leurs franches per­mettent de pro­duire des images im­pri­mées qui conservent une di­men­sion ar­ti­sa­nale tout en res­tant re­pro­duc­tibles en pe­tites et moyennes séries.

Elle est éga­le­ment très pré­sente dans la pro­duc­tion d’affiches et de flyers, no­tam­ment pour la com­mu­ni­ca­tion d’événements cultu­rels, de fes­ti­vals ou d’expositions. La su­per­po­si­tion des cou­leurs et les lé­gers dé­ca­lages propres à la tech­nique donnent aux vi­suels une iden­ti­té gra­phique forte et im­mé­dia­te­ment reconnaissable.

Dans le do­maine de l’édition, la ri­so­gra­phie s’impose comme un ou­til pri­vi­lé­gié pour la réa­li­sa­tion de livres d’artistes, de fan­zines ou de pu­bli­ca­tions in­dé­pen­dantes. Elle per­met de pro­duire des ob­jets édi­to­riaux ac­ces­sibles, tout en conser­vant une qua­li­té d’impression ex­pres­sive et singulière.

Elle convient éga­le­ment à la créa­tion de cartes de vi­site, de dé­pliants ou de sup­ports de com­mu­ni­ca­tion, lorsque l’on sou­haite se dé­mar­quer par une iden­ti­té vi­suelle ori­gi­nale et un ob­jet im­pri­mé au ca­rac­tère affirmé.

En­fin, la ri­so­gra­phie est par­ti­cu­liè­re­ment adap­tée aux sup­ports cultu­rels ou aux pro­jets liés aux ques­tions en­vi­ron­ne­men­tales. Son pro­cé­dé d’impression à froid et l’utilisation d’encres à base vé­gé­tale en font une so­lu­tion co­hé­rente pour des ini­tia­tives qui sou­haitent conci­lier créa­tion gra­phique et at­ten­tion por­tée aux modes de production.

Risographie et autres techniques d’impression

La ri­so­gra­phie s’inscrit dans un pay­sage plus large de tech­niques d’impression, cha­cune ayant ses par­ti­cu­la­ri­tés et ses usages. Com­prendre ra­pi­de­ment ces dif­fé­rences per­met de mieux ap­pré­cier ce qui rend la ri­so­gra­phie unique.

Com­pa­rée à la sé­ri­gra­phie, qui ex­celle dans les aplats de cou­leur, la ri­so­gra­phie se dis­tingue par sa ca­pa­ci­té à créer fa­ci­le­ment des dé­gra­dés, des su­per­po­si­tions et des mé­langes sub­tils de cou­leurs, tout en per­met­tant des ti­rages plus ra­pides et en pe­tites ou moyennes sé­ries. Cette flexi­bi­li­té en fait un ou­til par­ti­cu­liè­re­ment adap­té aux pro­jets gra­phiques né­ces­si­tant vi­tesse, ré­pé­ti­tion et variation.

Face à l’impression nu­mé­rique, la ri­so­gra­phie pro­pose un ren­du sin­gu­lier et vi­vant. Si le nu­mé­rique pri­vi­lé­gie la fi­dé­li­té des images, la ri­so­gra­phie joue avec la tex­ture, les su­per­po­si­tions et les lé­gers dé­ca­lages de cou­leur, don­nant à chaque im­pres­sion un ca­rac­tère unique et reconnaissable.

En­fin, par rap­port à l’offset, qui reste idéal pour les grandes pro­duc­tions in­dus­trielles, la ri­so­gra­phie se dis­tingue par sa flexi­bi­li­té et son ac­ces­si­bi­li­té pour des ti­rages plus mo­destes, tout en conser­vant une iden­ti­té vi­suelle forte et un ca­rac­tère artisanal.

Ain­si, entre ar­ti­sa­nat et pro­duc­tion édi­to­riale, la ri­so­gra­phie oc­cupe une place à part : ra­pide, ex­pres­sive et créa­tive, elle s’impose comme un choix pri­vi­lé­gié pour tous les pro­jets qui sou­haitent conju­guer ori­gi­na­li­té, tex­ture et couleur.

Imprimer avec l’atelier CAMINO

L’atelier CAMINO pro­pose un ser­vice d’impression en ri­so­gra­phie pour les ar­tistes, de­si­gners, struc­tures cultu­relles et pro­jets édi­to­riaux. Chaque pro­jet est ac­com­pa­gné afin d’adapter les fi­chiers, choi­sir les encres et ti­rer par­ti des par­ti­cu­la­ri­tés gra­phiques de ce pro­cé­dé d’impression en adap­ta­tion avec vos images.

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